Europe is watching you
Après 24 h de garde à vue pour l’Artiste accompagnée de cinq performeuses activistes, le parlement Européen entame des poursuites judiciaires à l’encontre de l’artiste Deborah De Robertis. Celle-ci est poursuivie pour motif de dégradation volontaire aggravée pour sa performance au sein du Parlement Européen. L’artiste est appelée à comparaître le 17/10/2019 au Tribunal correctionnel de grande instance de Strasbourg. Aujourd’hui à l’aube des élections la performeuse dénonce une censure politique et une atteinte grave à la liberté d’expression au sein du Parlement Européen. Le 19 mai 2019 elle était apparue nue peinte en bleu incarnant Europe au sein de l’hémicycle afin de dénoncer l’absence des femmes au pouvoir et l’inertie des politiques face à la crise écologique et sociale.

#Europeiswatchingyou //official vidéo from Deborah De Robertis official on Vimeo.

Je suis Europe, devant vous toute puissante,
Je m’arrache au mythe.
Je ne suis plus la proie d’un Zeus omnipotent et patriarche.
Je me libère du viol de mes pères et fait couler l’or noir entre mes cuisses. je suis toutes les origines, je suis homme et femme,
Et j’annonce l’aube d’un nouveau cycle.

Si depuis l’antiquité je suis abusée,
Alors, c’est un juste retour que mon sang jaillisse au cœur d’Europe.
A l’ère de #metoo et de #noustoutes.
Les femmes se lèvent.

Je défais le mythe pour raconter notre présent.
Moi Europe je tiens dans mes mains, la terre.
Femme-monde et lanceuse d’alerte, j’ouvre mon sexe et j’avorte mes entrailles. Par ce geste, j’abolis la malédiction séculaire pour rompre avec le pouvoir qu’il exerce.
Que les lois de l’Univers l’emportent sur les lois des Hommes.

Je suis Europe.
Gueule grande ouverte comme une chienne qui pisse, je marque mon territoire. Sexe ouvert à ras du sol et baignant dans ma mouille,
Enfin je gouverne.
Déesse bleue polymorphe couronnée d’ étoiles dorées
Je porte en mon sein le devenir de l’humanité.
Mère de toute chose, que ma volonté soit faite:

Je vous ordonne d’inverser le point de vue,
Ce n’est pas le monde qui nous porte, c’est nous qui portons le monde!

Moi, Souveraine, putain, mère originelle de la lignée des Hommes.
Déesse bâtarde à la vulve monstrueuse et dégoulinante,
Je vous laisse entrevoir les ténèbres.
La fin possible d’un monde.
Il est presque trop tard: ma neige a fondu, mes océans débordent, je perds les eaux.
J’annonce le déluge et le souffle de vie.
Que les mythes et les institutions jusqu’ici gelées, se déversent maintenant sur les murs de l’Union.
Et emportent la peau morte de l’allégorie.
Avec moi, j’appelle les déesses du monde entier à ouvrir leur sexe
Ensemble jouissons à la gueule des dieux égarés, des politiciens aveuglés par la brume des sommets.
Regardez les Sheela Nagig, la déesse Ame no Uzume et le sexe souriant de Baubô. Moi, Déesse vivante, Kumari d’occident née en Phénicie.

Je vous ordonne de regarder le nombril du monde.
Les seules frontières que je respecterai seront ceux qui séparent ciel et terre.

Le temps est venu de rétablir l’ordre des choses.
J’expose aux dirigeants ce trou noir duquel tous sont sortis.
En vérité je vous le dis: Nos vulves fécondent le monde, siégeant tout en haut dans le ciel comme un soleil.
Ensemble,Violons les lois sur le sol du parlement pour toucher la terre.
La Terre, elle, reconnaissante, s’empare de notre sève et fait naître les arbres en abondance.
Au loin, les sirènes, les gardes de sécurité accourent à grands pas.
Dans cet Éden sous surveillance, nous rêvons d’un monde meilleur.

Les enfants d’Europe se sont levés, génération consciente et enfiévrée.
Europe s’incarne et marche avec eux.
Moi, déesse bleue, je ne suis pas une simple étoffe ornée d’étoiles.
Je suis la vie qui se meurt, mon ventre se vide, le liquide noir souille les veines du monde.
En vérité je vous le dis: Chaque chose que vous tuez en moi, vous le tuez en vous.
Car je suis le vent, je suis la force de l’eau et des marées.
Prenez en tous ceci est mon sang.
Prenez ce que je possède en abondance et pour l’éternité.

Le 19 mai 2019 Moi, Europe Créatrice, je ​marque la naissance d’une licence matriarcale.
Depuis trop longtemps le copyright marque la chair des femmes au fer rouge. Désormais, le droit ne sera plus patriarcal.

Je m’adresse d’avance, aux machos, aux fachos, aux misogynes
Et à tous ceux qui voudraient se servir de mon cul pour faire du fric, par l’exploitation de nos corps pris dans les filets d’un système du buzz et du clic.

Non, ma chatte n’est pas votre copyright car “my body my right”.
Oui, ma chatte est une bouche grand ouverte du côté des libertés.
Non, refuser un regard conditionné par une culture du viol,
Ce n’est pas refuser l’Europe.
C’est refuser une vision du droit héritée d’un monde où les femmes autrices n’ont toujours été qu’images virtuelles.
Et c’est dire non, au proxénétisme institutionnel comme socle fondateur.

Regardez ce monde de borgnes hérité d’une perspective masculine unilatérale. Regardez cette société où l’on s’auto-mate qu’à travers l’oeil déformant des filtres et où la toile du web a remplacé la toile du peintre.
Aviez-vous seulement remarqué qu’au moment où la photographie a bousculé l’histoire de la peinture, les femmes se sont échappées du cadre?
Voyez vous ces étoiles jaunes qui vous regardent?
Peut-on vraiment voir la profondeur de mon sexe pictural à “l’aube de sa reproductibilité” abusive?
Une ère virale, une vue à court terme qui annonce une mort imminente. Dorénavant, le temps du mythe l’emportera sur l’ère totalitaire de l’instantané.

Avec moi, la voix des créatures devenues créatrices ordonnent un nouveau point de vue au coeur d’Europe.

Plongez dans cet oeil entre mes cuisses car c’est le trou qui donne à voir le monde: #natureiswatchingyou

Regardez droit devant, au fond de l’oeil qui vous vise: #feminismiswatchingyou crient des femmes nues dans mes oreilles.

La Terre, elle s’empare de mon bassin bleu électrique pour vous délivrer ce message: #humanityiswatchingyou

Moi; Sexe-cyclope au regard Go-Pro; vous expose aux yeux de tous.